Mondial 2026 : Et si le match RDC-Portugal était une leçon pour l'unité du pays.
- rogerbuloba
- il y a 3 jours
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Au-delà du score de parité arraché face au Portugal, ce match de Coupe du monde restera comme une véritable leçon adressée à la classe politique congolaise.
Sur le papier, tout semblait pourtant pencher en faveur de la sélection portugaise. Avec dans ses rangs des stars de renommée mondiale comme Cristiano Ronaldo, Nuno Mendes, Vitinha, Bernardo Silva ou encore Rafael Leão, le Portugal abordait cette rencontre avec l'étiquette de favori du groupe. Et lorsque les Lusitaniens ont trouvé le chemin des filets dès la 5e minute de jeu, nombreux étaient ceux qui craignaient que les Léopards allaient sombrer comme en 1974 en Allemagne face à la Yougoslavie.
Mais la RDC a démontré qu'en football comme dans la vie d'une nation, le collectif peut surpasser les plus grandes individualités.
Portés par un Lionel Mpasi impérial dans ses cages, un Chancel Mbemba intraitable dans l'axe de la défense, un Samuel Moutoussamy combatif dans l'entrejeu et un Yoane Wissa toujours dangereux sur le front de l'attaque et égalisateur à la 45è minutes avant la mi-temps, les Léopards ont refusé de courber l'échine. Mieux encore, ils ont répondu avec courage, discipline et solidarité pour revenir dans la partie et tenir tête à l'une des meilleures nations du football mondial.
Pendant 90 minutes, les Congolais ont joué comme un seul homme. Peu importaient leurs origines, leurs provinces ou leurs parcours respectifs. Tous défendaient les mêmes couleurs, le même drapeau et le même rêve. Cette unité observée sur la pelouse s'est également manifestée bien au-delà du terrain. Cinquante-deux ans après leur unique participation à une Coupe du monde, les Léopards ont offert aux Congolais un moment de communion nationale rare, marqué par la fierté, l'émotion et le sentiment d'avoir enfin tourné la page du traumatisme de 1974. De Kinshasa à Mbuji-Mayi, en passant par Budjala dans le Sud-Ubangi, Kisangani, Lubumbashi et plusieurs autres villes du pays, des milliers de supporters sont descendus spontanément dans les rues pour célébrer ce résultat obtenu face à l'un des favoris de la compétition. Même dans l'Est du pays, où le contexte sécuritaire demeure particulièrement difficile, la prestation des Léopards a transcendé les réalités du quotidien. À Goma notamment, des rassemblements festifs ont été observés jusque tard dans la nuit, illustrant la capacité du football à rassembler les Congolais au-delà des clivages politiques, géographiques ou sécuritaires. L'émotion a également gagné la diaspora congolaise présente aux États-Unis, pays hôte du Mondial, ainsi que plusieurs communautés africaines à travers le monde. À Brazzaville, de nombreux supporters ont célébré la performance de la RDC comme un succès du football congolais et africain face à l'une des grandes nations européennes de la discipline.
C'est peut-être là la plus grande leçon de ce match. Lorsque les intérêts individuels s'effacent devant l'intérêt collectif, les exploits deviennent possibles. La RDC n'a pas battu le Portugal, mais elle a remporté quelque chose de tout aussi précieux : le respect du monde du football et la confirmation que l'unité reste sa plus grande force.
Face à Cristiano Ronaldo et à ses coéquipiers, les Léopards ont prouvé qu'une équipe soudée peut faire vaciller les plus grands. Un message que la classe politique congolaise gagnerait à méditer : si onze joueurs peuvent oublier leurs différences pour défendre ensemble les couleurs nationales, alors tout un peuple peut lui aussi se rassembler pour bâtir une nation forte, stable et prospère.
Au coup de sifflet final, le tableau d'affichage indiquait un match nul. Mais dans les cœurs des Congolais, ce résultat avait le goût d'une victoire et d'une leçon magistrale sur la puissance de l'unité.
Patrick MUKADI SH.




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