top of page

LUBUMBASHI : QUAND LES BILLETS DE 50, 100 ET 200 FC DISPARAISSENT DES MARCHÉS, UNE ÉCONOMIE DU QUOTIDIEN EN DIFFICULTÉ.

  • rogerbuloba
  • 6 juil.
  • 2 min de lecture


À Lubumbashi, un phénomène devenu presque banal soulève pourtant de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de l'économie locale. Les billets de 50, 100 et 200 francs congolais sont de plus en plus refusés dans les marchés, les boutiques et les étals de vente. Une réalité qui contraste avec les prix de plusieurs produits de première nécessité, dont certains continuent d'être proposés à 50, 100 ou 200 francs congolais.


Au marché Mzee, à Kenya, à Katuba ou encore dans plusieurs quartiers de la ville, il est encore possible de trouver quelques piments à 100 FC, un petit tas de tomates à 200 FC ou quelques oignons vendus à ces mêmes montants. Pourtant, lorsqu'un client présente un billet correspondant au prix affiché, il se heurte souvent à un refus catégorique.


Cette contradiction crée une situation paradoxale. Comment vendre un produit à 100 francs congolais tout en refusant un billet de cette même valeur ? Pour de nombreux consommateurs, cette pratique constitue une source de frustration quotidienne et les oblige souvent à acheter davantage que prévu ou à compléter leur achat avec d'autres produits afin d'atteindre un montant plus élevé.


Du côté des commerçants, les explications varient. Certains estiment que ces petites coupures sont devenues trop usées pour être réutilisées. D'autres affirment qu'elles ne circulent presque plus et qu'ils peinent eux-mêmes à les écouler auprès de leurs fournisseurs. À cela s'ajoute une inflation persistante qui réduit considérablement le pouvoir d'achat de ces billets, désormais jugés peu pratiques dans les transactions courantes.


Au-delà du simple refus de certains billets, cette situation révèle un dysfonctionnement plus profond. Les petites coupures jouent un rôle essentiel dans toute économie, car elles permettent de rendre la monnaie, de fixer des prix précis et de faciliter les échanges de proximité. Leur disparition progressive favorise les arrondis systématiques des prix, souvent au détriment des consommateurs, et érode davantage le pouvoir d'achat des ménages.


Cette problématique n'est d'ailleurs pas nouvelle. Depuis plusieurs années, la question de la rareté des petites coupures revient régulièrement à Lubumbashi, poussant à plusieurs reprises les autorités monétaires à envisager des mesures pour améliorer leur disponibilité sur le marché.


Pour de nombreux observateurs économiques, le retour effectif des billets de faible valeur dans le circuit commercial ou une réflexion sur l'adaptation des coupures à la réalité économique actuelle apparaît aujourd'hui comme une nécessité. Car au-delà de leur faible valeur faciale, ces billets demeurent indispensables au bon fonctionnement des échanges quotidiens.


À Lubumbashi, la question est désormais simple : si les billets de 50, 100 et 200 francs congolais existent toujours officiellement, pourquoi ne sont-ils plus acceptés sur les marchés ? Et surtout, qui doit agir pour rétablir leur circulation normale : les commerçants, les banques commerciales ou la Banque centrale du Congo ?



Patrick MUKADI SH.

Commentaires


Formulaire d'inscription

Merci de vous être abonné !

© 2023 Par Boly

© 2023 par boly zayobi. 

bottom of page