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Le monde en mode treillis : Vers un réveil sécuritaire global, quel signal pour la RDC?

  • rogerbuloba
  • 27 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Le monde entre progressivement dans une ère de vigilance militaire accrue. En Europe, aux États-Unis, en Asie et même dans certaines régions d'Afrique, la question de la sécurité territoriale revient au cœur des priorités nationales. Cette réaction, bien qu’apparemment tardive, s’explique en grande partie par l’agression russe contre l’Ukraine, qui entre dans sa quatrième année sans qu’aucune solution durable ne soit encore en vue.


Un signal d’alarme venu d’Ukraine


Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les pays européens ont pris conscience de leur propre vulnérabilité. Malgré les sanctions internationales contre Moscou et les aides militaires massives à Kiev, la guerre se poursuit, révélant les limites de la diplomatie et le besoin urgent d’anticiper les menaces.


Face à ce constat, plusieurs États d’Europe notamment ceux proches de la Russie comme la Pologne, la Lituanie, la Finlande ou encore la Suède ont réintroduit ou renforcé la formation militaire obligatoire. L’objectif : préparer leurs citoyens à défendre la patrie en cas de conflit, et constituer des réserves opérationnelles prêtes à être mobilisées.


En France, le président Emmanuel Macron a lancé un appel aux jeunes à rejoindre les rangs de l’armée, dans un cadre non contraignant mais fortement encouragé. L’armée devient ainsi un pilier renouvelé de la souveraineté nationale.


Et l’Afrique dans tout ça ?


Sur le continent africain, les menaces sécuritaires prennent une autre forme, mais restent tout aussi sérieuses : insurrections armées, coups d'État, ingérences étrangères, groupes terroristes, conflits intercommunautaires, etc. À cela s’ajoutent des ambitions hégémoniques de certains dirigeants, comme Paul Kagame du Rwanda, dont l’activisme militaire inquiète au-delà des frontières rwandaises.


Comparé à l’attitude de l’Europe face à Moscou, les voisins de Kigali devraient en tirer une leçon et prendre leurs précautions.


La RDC face à ses défis sécuritaires


La République démocratique du Congo (RDC), en particulier, fait face depuis des décennies à une insécurité chronique dans sa partie orientale. Face aux agressions récurrentes, notamment de groupes armés soutenus de l’extérieur, le pays aurait dû, depuis longtemps, faire de la réforme de son armée une priorité stratégique.


Avec une population estimée à plus de 120 millions d’habitants, la RDC a un immense potentiel de mobilisation. Des experts estiment qu’un pays de cette taille pourrait légitimement viser une armée de plusieurs millions d’hommes bien formés, bien équipés et capables de dissuader toute agression. Il ne s’agit pas de militariser la société, mais d’assurer une défense crédible de la souveraineté nationale.


Les Forces armées de la RDC (FARDC) doivent être renforcées non seulement en effectif, mais aussi en formation, en équipements modernes, en stratégie et surtout en moral. Le projet annoncé récemment par le président Félix Tshisekedi, de consacrer près de 30 % du budget national 2026 à la défense et à la sécurité, soit près de 8 milliards USD, s’inscrit dans cette logique de redressement.


Conclusion


Lorsque les grandes puissances adoptent le mode treillis pour faire face aux menaces modernes, la RDC ne peut rester en marge. La situation géopolitique actuelle est un signal fort pour initier une réforme militaire profonde, ambitieuse et durable. Ce n’est qu’au prix de cette transformation que la RDC pourra garantir la sécurité de ses citoyens, préserver sa souveraineté et s’affirmer comme une puissance régionale crédible.


Patrick MUKADI SH.

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